L’affaire Lubanga : quel rôle pour la Chambre d’appel de la Cour pénale internationale ?

L’affaire Lubanga : quel rôle pour la Chambre d’appel de la Cour pénale internationale ?

Par Marion Chahuneau *

*Diplômée d’un master 2 en droits de l’Homme, elle a rédigé son mémoire de fin d’études sur l’obligation de divulgation devant la Cour pénale internationale, en se focalisant sur l’affaire Lubanga après avoir effectué un stage auprès de l’avocate principale de ce dernier. Après avoir été legal assistant à Human Rights Watch sur l’affaire Hissène Habré, elle suit cette année le DU « Organisations et juridictions pénales internationales ».

Ce lundi 1er décembre 2014, la Cour pénale internationale a rendu son premier jugement en appel : deux ans après sa condamnation initiale,[i] l’appel de Thomas Lubanga Dyilo a ainsi été rejeté et sa peine de 14 ans d’emprisonnement confirmée. Les observateurs de l’audience auront noté que le Juge Kourula, Président de la Chambre, a entrepris de rejeter tous les arguments de la Défense comme du Procureur de manière quasi lapidaire. Peu importe : huit ans après la confirmation des charges, la presse ne s’était pas pressée pour assister au rendu de la décision. Les membres de la Défense – qui n’avaient pourtant sans doute pas péché par excès d’optimisme – ont quant à eu laissé transparaître une certaine lassitude.[ii]

La Juge Ušacka a toutefois créé la surprise en se prononçant, dans une opinion dissidente, contre la décision de la majorité et en jugeant que la culpabilité n’avait pas été prouvée au-delà de tout doute raisonnable.

Le fait que cette décision ne fasse pas l’unanimité au sein de la formation des juges est crucial pour son appréciation, mais est loin d’être inattendu pour ceux qui connaissent l’affaire Lubanga. Les manquements du Procureur dans le dossier ont été reconnus par la Chambre de première instance elle-même, notamment dans le jugement par lequel elle a condamné l’accusé pour des faits de conscription, enrôlement d’enfants de moins de 15 ans dans des groupes armés et de les avoir fait participer activement à des hostilités.

La décision de la Chambre d’appel est riche en enseignements et ne manquera pas d’être abondamment commentée. Ce sont toutefois les points de procédure relatifs à l’appel contre un verdict qui retiendront ici notre attention. La lecture de la décision peut en effet laisser perplexe quant à l’opportunité même d’interjeter appel compte tenu de la position qu’ont choisi d’adopter les juges.

Dans la mesure où aucune affaire n’avait jusque-là procédé jusqu’à la phase d’appel du verdict et de la peine, l’appréciation des moyens d’appel par la Chambre restait encore à définir. Les juges ont décidé d’appliquer en substance les mêmes standards que pour les appels formés contre d’autres types de décisions, pour lesquels leur jurisprudence est plus développée. Ainsi, la Chambre ne peut retenir un motif d’appel que s’il a matériellement affecté la décision initiale ou, dans le cas des allégations d’iniquité, si cette dernière affecte la fiabilité de la décision. Les moyens présentés par la Défense doivent être suffisamment étayés, faute de quoi les juges ne l’examinent pas.

I. L’admission d’éléments de preuve supplémentaires au stade de l’appel

A) Problématiques relatives à la preuve dans l’affaire Lubanga

Contrairement à la pratique des Tribunaux pénaux internationaux, le Procureur de la CPI est tenu d’enquêter « tant à charge qu’à décharge » (art. 54(1) (a) du Statut de Rome). Cela ne dispense bien sûr pas la Défense d’accomplir des actes d’enquête par elle-même mais, compte tenu de la disparité de moyens entre les parties, c’est au Procureur qu’il revient en premier lieu la charge d’identifier les éléments nécessaires à la préparation de la défense. C’est pourquoi les obligations de divulgation du Procureur à la Défense sont particulièrement importantes devant la CPI.

Or, la divulgation a fait l’objet de problèmes récurrents dans l’affaire Lubanga. La procédure a été suspendue à deux reprises en raison de l’impossibilité de réunir les conditions essentielles à un procès équitable[iii] du fait des manquements du Procureur à son obligation de divulguer des éléments de preuve à la Défense.[iv] Les difficultés étaient telles qu’un arrêt définitif de la procédure a dû être envisagé.[v]

Les efforts d’enquête de la Défense lui ont pourtant permis de démontrer que l’un des intermédiaires – dont le Procureur avait refusé de divulguer l’identité – avait grandement manqué à ses obligations. La Chambre de première instance a ainsi reconnu que « il est probable qu’en tant que point de contact commun auxdits témoins l’intermédiaire a convaincu, encouragé ou aidé certains d’entre eux, sinon tous, à donner un faux témoignage ».[vi] Les témoignages des neufs témoins qui alléguaient avoir été des enfants soldats ont donc dû être écartés par la Chambre, bien qu’ils aient constitué le cœur du dossier d’accusation. En se basant sur le reste des éléments à sa disposition, la Chambre s’est malgré tout estimée convaincue au-delà de tout doute raisonnable de la présence d’enfants de moins de 15 ans dans les forces de l’accusé et l’a donc reconnu coupable des trois chefs de crimes de guerre.

Afin de soutenir son appel, la Défense de Thomas Lubanga a donc présenté trois requêtes portant sur l’admission de : (i) les témoignages de D-0040 et D-0041 et documents afférents, (ii) des listes de gardes du corps, (iii) des éléments au sujet de l’un des intermédiaires, et (iv) une “Liste nominative de FPLC”. Les éléments les plus critiques sont sans aucun doute les témoignages de D-0040 et D-0041 : sans préjuger de l’admissibilité de ces éléments, les témoins avaient été entendus par la Chambre le 19 mai 2014. Ils ont affirmé être deux des enfants de moins 15 ans identifiés dans les vidéos sur lesquelles la Chambre de première instance s’est pench. Ils assuraient avoir été âgés de plus 15 ans – ce qui était corroboré par des éléments documentaires. On comprend dès lors aisément pourquoi il était crucial pour la Défense que ces éléments soient admis au soutien de son appel contre le verdict.

B) Appréciation de l’admissibilité d’éléments supplémentaires par la Chambre d’appel

La Chambre d’appel reprend les critères d’admissibilité de la preuve applicables en première instance mais note que la disposition pertinente en la matière (l’article 69(4) du Statut) n’est pas exhaustive et qu’elle peut donc tenir compte d’autres considérations tirées des spécificités de la procédure d’appel. Elle estime ainsi nécessaire d’introduire le critère selon lequel il doit être démontré que les éléments de preuve additionnels auraient pu mener la Chambre de première instance à prendre une décision totalement ou partiellement différente, bien que le règlement de la Cour impose seulement au requérant de démontrer leur intérêt relatif à l’un des motifs d’appel. De même, le principe est que ces éléments doivent être présentés si possible avant que la décision de première instance soit prise.

C’est pourquoi, selon la Chambre d’appel, des éléments de preuve additionnels sont admissibles dans le cadre de la procédure d’appel d’une décision sur la culpabilité ou la peine si : (i) la Chambre d’appel est convaincue par les raisons justifiant que ces éléments n’aient pas été présentés en première instance, notamment si cela aurait été possible par l’application d’une diligence raisonnable ; et (ii) les éléments de preuve additionnels auraient pu conduire la Chambre de première instance, si elle en avait eu connaissance, à conclure à un verdict différent, en tout ou en partie. De plus, la Chambre estime que des éléments de preuve additionnels peuvent également être admis afin de démontrer que la procédure de première instance était inéquitable et aurait ainsi nui à la fiabilité de la décision sur la culpabilité.

La Défense arguait qu’elle n’avait pas apporté les témoignages de D-0040 et D-0041 au procès parce qu’elle n’avait pas estimé devoir prouver l’âge des individus en lieu et place de l’Accusation. La Chambre d’appel considère toutefois que si l’accusé n’était pas obligé de produire ces éléments, il pouvait le faire. En l’occurrence, elle estime comme le Procureur que l’accusé était parfaitement en mesure d’identifier les personnes ayant fait partie de sa garde personnelle : ces éléments auraient pu être présentés au procès et ne sont donc pas admissibles.

Les autres éléments dont la Défense demandait l’admission sont pareillement écartés par les juges de l’appel. Les listes de gardes du corps et la liste nominative notamment sont considérées comme nécessaires à la préparation de la défense par la Chambre, qui estime donc qu’elles auraient dû être divulguées par le Procureur.[vii] Toutefois, la Défense aurait pu enquêter pour produire l’information contenue dans ces documents et, en tout état de cause, elle ne démontre pas que le jugement de première instance manquait de fiabilité en raison des manquements du Procureur à son obligation de divulgation. Ils ne sont donc pas admissibles non plus.

II. L’appréciation des violations des droits de l’accusé par la Chambre d’appel

A) Violation du droit à être suffisamment informé des charges

La Défense arguait que le droit de l’accusé d’être suffisamment informé des charges pesant contre lui avait été bafoué par la procédure de première instance. À son sens, hormis les éléments relatifs aux neuf supposés anciens enfants soldats qui furent par la suite écartés par la Chambre de première instance comme mensongers ou peu fiables, les charges retenues contre l’accusé n’avaient pas été détaillées et il n’avait donc pas pu préparer efficacement sa défense.

La Chambre d’appel considère qu’afin d’être en mesure de préparer efficacement sa défense dans le cadre de la coaction, il doit être communiqué à l’accusé des informations détaillées sur (i) le comportement qui donnerait lieu à l’engagement de sa responsabilité pénale, y compris les contours du plan commun et sa concrétisation ainsi que sa contribution supposée, (ii) l’élément psychologique, et (iii) les identités des supposés co-auteurs. Le Procureur doit détailler autant que possible la date et le lieu des comportements criminels et identifier les victimes potentielles.

La Chambre estime toutefois que la Défense aurait dû faire reposer ce moyen d’appel sur tous les documents destinés à fournir des informations sur les charges avant le début du procès et qu’en l’occurrence ce moyen d’appel n’est qu’insuffisamment documenté. Cette approche a été critiquée en ce qu’elle inclut dans “les charges” des documents épars et nie la fonction même de la confirmation des charges.[viii]

Cette justification semble d’autant moins convaincante que la Juge Ušacka rappelle dans son opinion dissidente que le Procureur avait articulé le document contenant les charges en deux parties : la première portant sur la pratique des milices en question vis-à-vis de l’utilisation d’enfants soldats – des informations générales, vagues, sans détail quant aux dates, lieux ou victimes, et la seconde, bien plus détaillée, reprenant le récit de neuf enfants soldats présumés. Dans la mesure où cette dernière partie a été exclue par la Chambre de première instance – grâce au travail de la Défense, le Procureur ne s’est plus reposé que sur les éléments initialement entendus comme soutenant le cœur de son dossier. Il avait d’ailleurs affirmé auparavant que cette première partie n’était pas nécessairement aussi détaillée que la seconde. Comme le remarque justement la Juge Ušacka, comment des éléments de preuve qui ne répondaient pas à eux-seuls au seuil de confirmation des charges peuvent-ils être considérés comme suffisants à informer l’accusé des charges pesant contre lui, et a fortiori conduire à un verdict de culpabilité ? La juge dissidente constate comme la Défense que le fardeau de la preuve a été renversé : le seul moyen de faire naître le doute raisonnable aurait été d’apporter la preuve qu’aucun enfant soldat n’avait jamais été impliqué dans la milice de l’accusé.

 B) Violation par le Procureur de ses obligations

Au soutien de son appel, la Défense affirmait également que le Procureur avait manqué à (i) son obligation d’enquêter à décharge et de s’assurer de la crédibilité ou de vérifier les éléments à charge, (ii) son obligation de divulguer les éléments de preuve à décharge et ceux affectant la crédibilité des éléments à charge, (iii) son devoir d’indépendance, et (iv) de respecter le droit de l’accusé à un procès équitable et impartial.

Sur ces points pour le moins délicats, la Chambre d’appel affirme tout d’abord que l’accusé a le droit de soulever une violation de ses droits à un procès équitable à tous les stades de la procédure. Bien qu’ils notent d’abord que la Chambre de première instance n’avait évoqué que brièvement les violations du droit à un procès équitable dans leur jugement, les juges d’appel entreprennent ensuite de rejeter chacune des allégations de la Défense au motif par exemple qu’elles ont d’ores et déjà été examinées par la Chambre de première instance dans son jugement ou dans les décisions d’arrêt de procédure.

Aucun des sept arguments de la Défense portant sur des violations du principe du procès équitable n’est donc reçu, ni même réellement examiné par la Chambre d’appel. Ce rejet systématique semble d’autant moins justifié s’il est apprécié à la lumière du reste des conclusions des juges d’appel : en ayant considéré que les éléments de preuve qui permettaient à la Défense de démontrer que le Procureur n’avait pas enquêté avec la diligence nécessaire n’étaient pas admissibles, les juges d’appel ont facilité un rejet systématique de ces arguments, sans en discuter la valeur au fond.

III. L’appréciation généreuse du caractère ‘‘raisonnable’’ par la Chambre d’appel

Devant la CPI comme devant les TPI, l’appel contre le verdict et la peine n’est pas de novo : il revient en premier lieu à la Chambre de première instance d’évaluer la crédibilité des éléments de preuve et de considérer si des incohérences doivent conduire à les rejeter. La Chambre d’appel ne censure donc que si l’appréciation des faits par les juges de première instance n’était pas raisonnable. Or, l’un des moyens d’appel de la Défense portait sur l’appréciation par ces derniers du critère de l’âge, nécessaire à la caractérisation des crimes contenus dans les charges. Elle avance à ce titre un grand nombre d’arguments visant à démontrer que le doute raisonnable subsistait quant à l’âge des individus présents dans la garde présidentielle, et que l’accusé ne pouvait donc être condamné si le critère relatif aux « enfants de moins de 15 ans » n’était pas rempli. Cette technique de défense découle de ce qui précède et s’inscrit pleinement dans cette procédure qui a vu la crédibilité du dossier de l’Accusation vivement remise en cause.

Pourtant, la Chambre d’appel balaie, un à un, chacun des huit points soulevés par la Défense. Pour les juges, il n’est ainsi pas nécessaire de déterminer l’âge des victimes mais simplement de pouvoir apprécier si elles entrent dans une tranche d’âge, pas plus qu’il n’est impossible per se de caractériser le critère de l’âge lorsque la victime n’est pas identifiée, ou encore d’évaluer l’âge d’un individu en se basant sur son “apparence générale”. Chaque élément soulevé par la Défense est ainsi rejeté : la lecture semble pourtant suggérer que les juges d’appel n’ont pas fait une appréciation globale de ce moyen d’appel. Chaque élément pris isolément peut sans doute être justifié mais, leur répétition ne permet pas de dissiper les incertitudes et, à tout le moins, nous renvoie l’image d’un dossier d’accusation manquant cruellement d’éléments de preuve solides.

C’est également ce qu’avance la Juge Ušacka, qui condamne « a piecemeal approach » des juges de première instance.[ix] La majorité considère quant à elle dans son jugement que ces derniers n’avaient pas eu une approche déraisonnable dans leur appréciation des éléments de preuve portant sur l’âge des individus : la Chambre avait d’ailleurs affirmé faire « preuve de prudence en examinant ces éléments de preuve ».[x] Selon la Juge Ušacka toutefois, la Chambre d’appel devait analyser les éléments de preuve de novo et déterminer si les juges du premier degré pouvaient réellement en inférer les conclusions de leur jugement afin d’évaluer le caractère raisonnable de leur appréciation. Elle s’attelle à cet exercice dans son opinion dissidente et conclut que « the ‘cautious approach’ to the evidence adopted in theory by the Trial Chamber was not exercised in practice ».[xi] La Chambre de première instance ne s’est simplement pas basée sur des éléments de preuve suffisamment fiables afin de déterminer au-delà de tout doute raisonnable le critère de l’âge, ce qui implique que dans la mesure où les crimes eux-mêmes ne sont pas constitués, la culpabilité n’est pas établie au-delà de tout doute raisonnable.

Ce standard du doute raisonnable n’est, selon la Juge Ušacka, simplement pas appliqué devant les juridictions internationales mais remplacé par un seuil bien moins important. Comme l’a d’ailleurs remarqué Thijs Bouwknegt, le désaccord aussi flagrant de l’un des cinq juges de la formation d’appel ne semble même pas suffisant à constituer un doute raisonnable susceptible d’influencer le jugement d’appel.[xii] Pour les juges d’appel, aucune des appréciations faites par la Chambre de première instance n’est déraisonnable, pas plus que le fait de rendre leur décision sans réel examen de ce caractère ‘‘raisonnable’’ malgré l’opposition forte de l’une des leurs.

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L’intérêt d’une procédure d’appel semble ici bien limité : quel est le rôle d’une juridiction de second degré si elle n’est pas en mesure d’analyser, si ce n’est renverser, un verdict qui repose sur des fondations aussi fragiles ? Bien sûr, une censure du jugement aurait été une décision difficile à assumer pour la Cour mais ce verdict est désormais entaché d’un voile de doute qu’il ne sera plus possible de lever.

Nombreux sont ceux qui ont pourtant accueilli la confirmation de la condamnation avec enthousiasme. Si elle marque en effet un rejet ferme du recours à des enfants soldats, il ne faudrait toutefois pas occulter les enseignements que la Cour devra tirer du déroulement de la procédure à l’encontre de Thomas Lubanga.

Compte tenu du contrôle quasi-inexistant par les juges d’appel en l’espèce, il serait bon que les procédures à venir soient menées avec plus de rigueur au stade de l’enquête et du procès. Il convient ici de citer l’opinion dissidente de la Juge Ušacka : « It is my hope that future prosecutions of these crimes at the Court will adduce direct and more convincing evidence and preserve the fairness of proceedings, which lies at the heart of criminal prosecutions and should not be sacrificed in favour of putting historical events on record. »[xiii]

Marion Chahuneau

Télécharger l’article en version PDF :  Le jugement en appel dans l’affaire Lubanga:

[i] CPI, Chambre de première instance I, Jugement rendu en application de l’article 74 du Statut (ICC-01/04-01/06-2842), 14 mars 2012.

[ii] Voir par exemple le récit de Benjamin DUERR pour l’International Justice Tribune, “ICC finally convicts Lubanga – in silence” :

            http://www.justicetribune.com/article/?tx_ijtarticles_homecarousel%5Barticle%5D=603&tx_ijtarticles_homecarousel%5Baction%5D=show&tx_ijtarticles_homecarousel%5Bcontroller%5D=Article&cHash=faf6c694f00a9c829d0ee78bdb803f10.

Il est également possible de visionner l’audience sur la chaîne Youtube de la Cour, en français et en anglais.

[iii] « S’il appert d’emblée que les conditions préalables essentielles à l’équité des procédures ne sont pas réunies et qu’il n’y a pas suffisamment d’éléments indiquant qu’il y sera remédié au cours du procès, il est nécessaire – même inévitable – que la procédure soit suspendue. » : CPI, Chambre de Première Instance I, Décision relative aux conséquences de la non-communication de pièces à décharge couvertes par les accords prévus à l’article 54-3-e du Statut, la demande de suspension des poursuites engagées contre l’accusé et à certaines autres questions soulevées lors de la conférence de mise en état du 10 juin 2008 (ICC-01/04-01/06-1401-tFRA), 13 juin 2008, para. 91.

[iv] Décision relative aux conséquences de la non-communication de pièces à décharge couvertes par les accords prévus à l’article 54-3-e du Statut, la demande de suspension des poursuites engagées contre l’accusé et à certaines autres questions soulevées lors de la conférence de mise en état du 10 juin 2008, op. cit., confirmé en appel par Chambre d’appel, Arrêt relatif à l’appel interjeté par le Procureur contre la Décision relative aux conséquences de la non-communication de pièces à décharge couvertes par les accords prévus à l’article 54-3-e du Statut, à la demande de suspension des poursuites (ICC-01/04-01/06-1486), 21 octobre 2008 ; CPI, Chambre de première instance I, Version expurgée de la décision relative à la requête urgente du Procureur aux fins de modification du délai de communication de l’identité de l’intermédiaire 143 ou de suspension de l’instance dans l’attente de consultations plus approfondies avec l’Unité d’aide aux victimes et aux témoins (ICC-01/04-01/06-Red-tFRA), 8 juillet 2010.

[v] L’arrêt définitif a toutefois été écarté en raison du seuil de gravité important requis par la Chambre : « First, would it be ‘odious’ or ‘repugnant’ to the administration of justice to allow the proceedings to continue, or second have the accused’s rights been breached to the extent that a fair trial has been rendered impossible » : ICC, Trial Chamber I, Redacted Decision on “Defence Application Seeking a Permanent Stay of the Proceeding” (ICC-01/04-01/06-2690-Red2), 7 mars 2011, para. 166.

[vi] Jugement rendu en application de l’article 74 du Statut, op. cit., para. 291.

[vii] Règle 77 du Règlement de procédure et de preuve.

[viii] Voir JACOBS Dov, “The Lubanga Appeals Judgement: another nail in the coffin of the Confirmation of Charges Procedure?”, 2 décembre 2014 : http://dovjacobs.com/2014/12/02/the-lubanga-appeals-judgment-another-nail-in-the-coffin-of-the-confirmation-of-charges-procedure/.

[ix] Dissenting Opinion of Judge Anita Usacka (ICC-01/04-01/06-3121-Anx2), para. 24.

[x] Jugement rendu en application de l’article 74 du Statut, op. cit., para. 643.

[xi] Dissenting Opinion of Judge Anita Usacka, op. cit., para. 44.

[xii] BOUWKNEGT Thijs, « (Un)reasonable dissent? The Lubanga Trial Comes to Close », 3 décembre 2014 : http://justiceinconflict.org/2014/12/04/unreasonable-dissent-the-lubanga-trial-comes-to-close/.

[xiii] Dissenting Opinion of Judge Anita Usacka, op. cit., para. 79.

 

 

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