Présentation de l’ONG IPAP

À la découverte de l’Institut Panafricain d’Action et de Prospective (IpaP)

Logo IpaP

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Question 1 : Monsieur Akandji-Kombé, pouvez-vous vous présenter pour nos lecteurs ?

Je suis actuellement Professeur à l’Ecole de Droit de la Sorbonne (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) où je codirige le Master 2 Recherche de Droit social ainsi que l’équipe de recherche de Droit social. Je suis par ailleurs Coordinateur général du Réseau académique sur la Charte sociale européenne et les droits sociaux, et expert auprès notamment du Conseil de l’Europe pour les questions relatives à la Charte sociale européenne et à la Convention européenne, fonction qui m’amène à effectuer régulièrement des missions de formation et d’expertise dans différents pays membres de cette organisation touchant aux droits fondamentaux, au droit social, au droit public, notamment constitutionnel, ainsi qu’au droit international public et au droit européen.

Bureau IpaP - JFAK

Bureau IpaP – JFAK

De nationalité franco-centrafricaine, je suis né en République centrafricaine où j’ai vécu et étudié jusqu’à l’obtention de ma Licence en Droit à l’Université de Bangui en 1983. J’ai ensuite rejoint la France, et l’Université de Picardie à Amiens, pour poursuivre mes études, lesquelles se sont achevées par une thèse de doctorat en Droit public dans ladite Université. Cette thèse, primée par l’Université, portait sur « les droits de l’homme dans les relations extérieures des Communautés européennes ». A la suite de quoi j’ai entamé une carrière d’enseignant-chercheur à l’Université de Caen où je suis entré en tant que Maître de Conférences en Droit public, et où je suis revenu plus tard comme Professeur après avoir été reçu au concours d’agrégation des universités avec rang de major.

A l’Université de Caen, j’ai aussi assumé différentes responsabilités administratives, notamment celles de Vice-Président de l’Université et de Doyen de la Faculté de Droit, et de cette université j’ai gardé le privilège du titre de Doyen honoraire de la Faculté de Droit.

Une de mes fiertés liées à cette phase normande de ma vie professionnelle reste la création du Master 2 de Droits Fondamentaux qui reste un diplôme phare de la Faculté de Droit de Caen, et la fondation de l’Institut international de la Paix et des Droits de l’homme de Caen, dont j’ai été le Secrétaire Général jusqu’à ma nomination à l’Université Paris 1.

 Question 2 : Qu’est-ce que l’IpaP ?

L’IpaP, Institut Panafricain d’Action et de Prospective, est une organisation non gouvernementale à vocation panafricaine, ayant la forme d’une association régie par la Loi française. Il a pour but, par la recherche, la formation et l’information, l’expertise ainsi que l’action humanitaire, d’œuvrer au rétablissement et à la consolidation de la paix au sein des nations et entre les peuples africains, de contribuer à un développement durable et humain sur le continent, de promouvoir les principes d’une bonne gouvernance, d’une démocratie effective, et du respect des droits de l’Homme.

Question 3 : Quelle est la genèse de ce projet de création de l’IpaP ?

A l’origine de l’IpaP, il y a une révolte intime face à la situation en Centrafrique. Cette révolte m’a conduit inéluctablement à la détermination de réagir et d’agir. En effet, face à la destruction systématique des vies humaines, à la perte générale des repères et valeurs, à la dissolution de l’Etat et de toutes institutions, la seule dénonciation ne pouvait suffire. Pour moi, l’heure était venue d’agir.

La perspective panafricaine s’est imposée peu à peu, au fil de la réflexion et des échanges que j’ai eus avec différentes personnes. Elle s’explique par la conviction que les problèmes rencontrés en République centrafricaine et les enjeux d’avenir qu’on y perçoit sont présents sur tout le continent, que la différence entre les États africains à cet égard est plus de degré que de nature, et que, pour tout dire, la Centrafrique est une illustration paroxysmique de problématiques africaines.

C’est dire donc que l’IpaP est une organisation panafricaine qui a décidé de porter l’action d’abord en territoire centrafricain, mais sans exclusive.

L’idée de départ était de prendre des initiatives en matière d’éducation et de recherche. Il s’agit là, comme beaucoup le savent, de mes principaux domaines d’expertise et du milieu dans lequel j’évolue depuis plusieurs années en France. Je pouvais espérer y réunir plus aisément qu’ailleurs les énergies et les compétences nécessaires pour intervenir. Puis, au fil de la réflexion, s’est imposée à moi le fait que l’ampleur de la tache de reconstruction nécessitait d’agir aussi sur d’autres terrains, voire sur tous les terrains, dont la formation, la recherche, l’éducation citoyenne, l’expertise, et l’action humanitaire.

Il a fallu ensuite décider des moyens et canaux de cette action. Je dois à la vérité de dire que j’ai d’abord exploré d’autres pistes que celle de la création d’une entité nouvelle. J’ai néanmoins du les écarter toutes. Notamment la piste d’une action à travers une ONG centrafricaine : ne connaissant pas les tenants et aboutissants des ONG existant actuellement, et compte tenu d’informations préoccupantes sur les buts poursuivis par certains d’entre eux ou sur leur gestion j’ai pris le parti de m’abstenir. Par ailleurs celle d’une action à travers une ONG internationale : je ne souhaitais pas intervenir comme « extérieur » à la Centrafrique et à l’Afrique. J’avais aussi le souci de promouvoir l’idée qu’il revient d’abord aux centrafricains et aux africains d’œuvrer à leur redressement.

C’est ainsi que s’est faite jour la nécessité de créer une organisation nouvelle, spécialement dédiée à des actions qui auront pour caractère propre d’allier réflexion et action, de privilégier la compétence aux affinités sociales ou politiques, de réunir des compétences d’horizons divers autour de projets. Une organisation qui ne soit, par ailleurs, pas limitée à la Centrafrique mais qui soit à dimension panafricaine.

Tout au long de ce processus qui a duré plusieurs mois, j’ai beaucoup échangé avec des amis, des collègues, des connaissances. Les principaux ont fondé avec moi l’IpaP et viennent, c’est un choix délibéré, d’horizons professionnels divers (Université et entreprise) et d’origines nationales variées (Centrafrique, Congo, Sénégal). Permettez-moi de les nommer : Laurent GANDOLA, Guy Diaz WAGRAMALE, Ibrahima DIA.

J’ajoute que l’équipe dirigeante de l’IpaP devrait bientôt s’élargir en se féminisant. C’est un point important de la très prochaine réunion de l’Assemblée générale et du Bureau que nous projetons pour le mois de mars.

De ces échanges sont nés aussi des soutiens qui sont chers à mes yeux : celui de l’Institut d’Etudes Avancées de Nantes et celui de mon université, l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne. Je tiens à exprimer toute ma reconnaissance au Directeur de la première institution et au Président de la seconde et à les remercier pour leur confiance.

Question 4 : Comment est organisée l’ONG ?

L’IpaP est organisé comme la plupart des associations de droit français, avec quelques spécificités.

Ses organes sont : L’Assemblée générale extraordinaire et l’Assemblée générale, chargées de définir les grandes orientations de l’IpaP et de contrôler son action ; la Présidence et le Bureau qui forment l’exécutif de l’Institut et, enfin, le Comité de Prospective qui est à la fois le vivier d’expertise de l’IpaP et le garant de la qualité scientifique de ses travaux.

Au sein de l’IpaP nous attachons une importance toute particulière à ce Comité de prospective. Celui-ci est destiné à fournir à l’IpaP les moyens de répondre dans les plus brefs délais à tout besoin ou à toute sollicitation, dans les principaux domaines de compétence impliqués par les missions de l’Institut. Ce Comité symbolise aussi un principe qui nous est cher : celui d’allier réflexion et action, recherche et interventions de terrain, voire d’inscrire la réflexion au cœur de l’action. C’est d’ailleurs la devise même de l’IpaP.

Question 5 : L’IPAP agit-il seulement en Centrafrique ou va t-elle intervenir sur d’autres États du continent africain ?

Comme je l’ai indiqué précédemment, l’IpaP a vocation à intervenir sur tout le continent africain. Le panafricanisme est son ADN. Il a été cependant décidé que ses actions prioritaires viseront avant tout à la reconstruction de la République centrafricaine. Il n’y a là nulle contradiction : les perspectives sont panafricaines avec une déclinaison centrafricaine pour commencer.

Nous avons d’ailleurs déjà des idées pour des actions dans d’autres pays, et même un projet fort avancé concernant toute l’Afrique. Ce n’est pas encore le moment de les annoncer ou de les lancer. Il nous faut d’abord trouver les moyens de concrétiser les premiers projets formés pour la Centrafrique.

Question 6 : Quelles sont les missions de l’IPAP ?

Les missions générales de l’IpaP sont celles que j’ai déjà indiquées d’entrée de jeu. Permettez donc que j’entende votre question comme se rapportant aux domaines d’intervention de notre Institut. Ces domaines sont assez variés, et touchent à la recherche, à la formation et à l’information, à l’expertise, ainsi qu’à l’humanitaire (action humanitaire).

Question 7 : Pouvez-vous donner un ou deux exemples de projets en cours et/ou futurs ?

L’IpaP travaille actuellement à la mise en œuvre de quatre projets que nous avons jugés prioritaires.

L’un d’entre eux, dénommé « Siriri[1] Centrafrique » consiste dans la rédaction d’un manuel d’éducation à la paix pour la jeunesse, c’est-à-dire pour les enfants de l’école primaire. L’ouvrage, en cours de conception, se présentera comme un ensemble de textes courts thématisés accompagnés d’illustrations. Nous sommes en train de réunir les auteurs pour ce faire : écrivains et dessinateurs centrafricains et africains, mais aussi venant de l’extérieur de l’Afrique. Ce choix est une manifestation de notre engagement en faveur d’un panafricanisme ouvert sur le monde. Mais l’action ne s’arrêtera pas là. Après cette première phase, les auteurs seront les destinataires mêmes, c’est-à-dire les enfants des écoles de Centrafrique. Pour cela l’IpaP lancera chaque année un concours d’écriture et de dessin dont les lauréats verront leurs travaux publiés par nos soins. Nous espérons ainsi réactiver une dynamique constructive passant par l’école.

Un autre projet, dénommé « Mémoires de Centrafrique », vise à rassembler les documents audio et visuels existant, et à recueillir sur toute l’étendue du territoire des récits et autres manifestations sur l’histoire et la vie en Centrafrique, pour les mettre à disposition du grand public et des chercheurs, dont ceux agissant dans le cadre de l’IpaP. Bref, il s’agit de constituer une base de données ouverte. Par ce projet, l’IpaP entend contribuer à sauvegarder, voire même à sauver des pans de la mémoire collective, menacés de disparition avec la mort des anciens dans un pays de tradition essentiellement orale et où la pratique de l’écrit ne s’est pas encore vraiment développé. L’enjeu est aussi, à nos yeux, de retisser le lien collectif dont la perte n’est pas étrangère au drame que vit actuellement la Centrafrique.

Autre projet encore : « Patara Centrafrique : Université centrafricaine des Gens ». Nous avons résolu, à travers ce projet, de créer ou d’institutionnaliser, selon le cas, des espaces de sensibilisation citoyenne, de formation à la citoyenneté et de pratique de la citoyenneté, à travers des maisons de quartiers, de jeunes, de femmes, de villages ; à travers des groupes de discussion. Un des objectifs est de rétablir des lieux ou des occasions d’échange pacifique et de réapprentissage de la tolérance.

A signaler enfin, les « Rencontres internationales de Bangui – RIB ». Les R.I.B. sont une ligne de manifestations scientifiques sur les enjeux centrafricains et africains. Elles ont vocation à accueillir des colloques pluridisciplinaires ouverts aux spécialistes des questions abordées au delà de la République centrafricaine. Pour 2015, 2016 et 2017 nous avons retenu les thèmes suivants : la gouvernance d’État en Afrique : Constitutionnalisme, principes de gouvernement, citoyenneté et société ; la santé des populations : enjeux scientifique, juridique et sociale ; la question minière en Afrique : approches scientifique, juridique et sociale. Nous travaillons actuellement à un partenariat avec l’Université de Bangui pour cette action et espérons en faire un fleuron de la renaissance de la recherche scientifique dans cet établissement.

Deux précisions à propos de ces actions pour finir :

Primo, chacune de ces actions est la déclinaison centrafricaine d’un axe d’action panafricain : Action pour la paix ; L’identité collective par la mémoire ; Université des gens, Espace citoyen ; Rencontres de l’IpaP.

Secundo, si les conditions sur place sont favorables et si le soutien, notamment financier, est au rendez-vous, la première phase de l’action « Siriri Centrafrique » et la première édition des RIB devraient se concrétiser en 2015. Nous espérons aussi pouvoir poser les premiers éléments des deux autres projets, qui sont de plus longue haleine.

Question 8 : Cette ONG soutient-elle l’ambition d’œuvrer à la fois avec des professionnels et des universitaires (professeurs, doctorants) ?

Oui. C’est là même un des principes sur lesquels se fonde l’IpaP : réunir toutes les compétences nécessaires à son action, celles des universitaires comme des professionnels et, à l’Université, celle des enseignants chercheurs et chercheurs confirmés, d’une part, et celle des « apprentis-chercheurs » que sont les doctorants, d’autre part.

Pour nous, il est important que ces compétences ne demeurent pas cloisonnées les unes par rapport aux autres. On se tromperait en considérant par exemple que le projet RIB est destiné aux seuls universitaires et les actions à caractère humanitaire aux seuls praticiens. Prenons le cas du projet « Mémoires de Centrafrique ». Nous aurons besoin de techniciens pour construire la base de données. Mais ceux-ci devront travailler avec des chercheurs historiens, sociologues, juristes pour définir la meilleure manière de procéder à la collecte de données et à leur formalisation. Il y aura par ailleurs besoin de spécialistes des langues et de la traduction puisque les documents recueillis dans les langues vernaculaires devront être traduits dans la langue nationale, le sango, et en français (et pourquoi pas plus tard en anglais). Enfin, ces données pourront être « traitées » par tout chercheur. Il va de soi que dans chacune des phases scientifiques du projet des doctorants pourront être accueillis, encadrés par des chercheurs confirmés.

Cette manière de procéder, nous entendons la décliner dans tous les projets de l’IpaP, et tout particulièrement dans le domaine de la formation.

Question 9 : L’IpaP peut-elle être un tremplin vers l’échange, la collaboration entre étudiants et citoyens de divers horizons ?

Pour nous, il serait idéal que les projets de l’IpaP soient une occasion de rencontres entre étudiants et entre jeunes d’horizons divers, mais aussi une opportunité d’échanges entre jeunes et moins jeunes.

En ce qui concerne les étudiants, l’IpaP espère, à travers les liens qu’il commence à tisser avec les universités du Nord et du Sud, œuvrer à la mobilité internationale et aux échanges.

Pour l’heure, nous ne sommes qu’au début de ce processus.

Question 10 : Quelle est pour vous, l’actualité juridique internationale qui mérite une attention particulière en ce moment ?

Il y a tant d’actualités importantes et préoccupantes en Afrique, même d’un point de vue strictement juridique. Mais enfin, puisqu’il faut choisir, j’en retiendrai deux qui, à mes yeux, constituent aussi des enjeux déterminants pour l’avenir des pays africains.

La question du constitutionnalisme avec, en son cœur, le problème de la révision des Constitutions, est une de ces actualités et un de ces enjeux pour demain. Il y a là un point extrêmement sensible quel que soit le pays africain envisagé, et une source potentielle de déstabilisation, voire d’explosion violente. Il y a urgence à régler les questions que cela pose, et elles sont nombreuses, allant de la signification même de la notion de Constitution en Afrique aux techniques du constitutionnalisme, en passant par les interrogations sur le rapport de la Constitution à la citoyenneté, à la société, à l’environnement international africain ou global. Mais l’urgence à trouver des solutions concrètes est aussi, à mon avis, une urgence à formuler des solutions pensées, réfléchies, car c’est aussi l’absence de réflexion qui a amené les États africains dans les impasses où beaucoup se trouvent aujourd’hui.

La question du règne du droit et de la justice, avec en filigrane la lutte contre l’impunité, est, à mon avis, un autre de ces enjeux qui s’enracinent dans l’immédiate, mais aussi lancinante actualité africaine. Quels mécanismes nationaux ; quelles articulations entre les mécanismes de justice et de réconciliation nationale ; quels rapports entre justices nationales et justice internationale ; quelle place pour les victimes, etc… Là aussi l’action et la réflexion doivent aller de pair.

Il y va, dans les deux cas, de la paix et de la démocratie sur le continent africain.

Question 11 : Qu’attendez-vous des lecteurs de Chroniques internationales collaboratives vis-à-vis de votre ONG ?

Des lecteurs de Chroniques internationales collaboratives, j’attends la même chose que nous, équipe de l’IpaP, attendons de tous les citoyens d’Afrique et du monde : leur soutien et leur contribution à l’action que nous amorçons. Pour nous, le soutien commence dès les manifestations de sympathie : la tâche que nous nous sommes assignée est si immense que de savoir que parmi nos concitoyens il en est qui pensent qu’elle peut être utile est de nature à nous donner l’énergie de la poursuivre. Parler de l’IpaP autour de soi, témoigner de sa sympathie et de son soutien moral à notre équipe, ce n’est pas négligeable pour nous. Mais, naturellement, nous serions particulièrement heureux et honorés de pouvoir bénéficier d’un engagement plus poussé de certains de vos lecteurs : nous sommes ouverts à tout apport de compétence et à toute contribution matérielle ou financière à notre action. La voie à suivre pour apporter une telle contribution, vos lecteurs la trouveront sur le site de l’IpaP. Par avance je remercie du fond du cœur celles et ceux qui voudront bien nous manifester leur soutien, de quelque façon que ce soit.

Site internet : http://ipaporg.net
Page Facebook : https://www.facebook.com/IpaP.org
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Plaquette informative IpaP

[1] « Siriri » en sango, langue nationale de la République centrafricaine, signifie « paix ».

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